Sommet One Health : L'impact de la dégradation environnementale sur la santé animale et humaine

Un appel à la conscience collective
Marc Prikazsky, vétérinaire de formation et PDG de Ceva Santé Animale, le premier laboratoire français de santé animale, participera au One Health Summit qui se déroulera à Lyon les 5, 6 et 7 avril, sous l'égide d'Emmanuel Macron. Ce sommet met en lumière une thématique qui est au cœur des préoccupations de l'entreprise girondine depuis près de 20 ans.
Une vision intégrée de la santé
En 2009, Ceva Santé Animale a adopté la vision « One Health ». Mais que signifie réellement cette approche ? Cette dimension a été symbolisée par un nouveau logo représentant la Terre vue du ciel, avec la lettre 'C' de Ceva la surplombant. Ce choix graphique illustre une réalité essentielle : la santé humaine, la santé animale et la santé environnementale sont interconnectées. Prendre soin de l'une implique de s'occuper des autres. En d'autres termes, toute agression envers notre environnement a des répercussions sur la santé animale et humaine.
Les défis sanitaires contemporains
Il est crucial de rappeler que 75 % des maladies infectieuses émergentes chez l'homme ont une origine animale. Cela souligne l'importance de créer des passerelles entre les différents domaines de la santé et d'adopter une perspective holistique. Ceva Santé Animale se concentre particulièrement sur les zoonoses, ces maladies transmissibles des animaux à l'homme.
La médecine préventive : un ADN de l'entreprise
Notre ambition est claire : bien que nous ne puissions pas interférer avec la nature, nous pouvons éradiquer des maladies dangereuses pour l'homme en intervenant sur la faune sauvage et les animaux domestiques. Par exemple, autrefois, la rage, transmise par les renards, était un fléau en Europe. Au lieu de tuer les animaux, Ceva a développé un vaccin oral administré via des appâts aériens, ce qui a permis d'éradiquer la maladie en Europe. Cependant, la rage reste un problème majeur en Afrique et en Asie, tuant 60 000 personnes par an, en particulier des enfants.
Une responsabilité collective
Ceva a conçu un vaccin pour les chiens errants, similaire à celui utilisé pour les renards, offrant une immunité de trois ans. Cependant, la question demeure : comment financer la médecine préventive animale dans les pays en développement ? C'est un message que Marc Prikazsky entend porter lors de son intervention au sommet. Il souhaite rappeler que l'approche « One Health » est fondamentale pour la médecine, car elle est à la base même des travaux de Pasteur, qui a d'abord étudié les maladies des moutons avant de se tourner vers la rage.
Les enseignements du passé et les défis futurs
Au fil des années, les chercheurs ont tendance à travailler en silos, perdant de vue l'interconnexion entre les disciplines. Les événements récents comme la pandémie de Covid-19 et les épidémies de grippe aviaire montrent que cette interconnexion est plus évidente que jamais. Bien que Marc Prikazsky ne soit pas un fervent défenseur des grandes conférences, il a accepté de participer à ce sommet car il est convaincu que les vétérinaires ont un rôle crucial à jouer dans la transition vers une nouvelle approche.
Les zoonoses : enjeux de santé publique
Les zoonoses représentent un risque significatif. Parmi les maladies à surveiller, on trouve les maladies hémorragiques, les virus de la grippe, qui peuvent muter, ainsi que des maladies parfois sous-estimées comme la fièvre Q, transmise par les bovins à l'homme. Cette dernière peut entraîner des complications de reproduction chez les animaux et des affections chroniques chez les humains nécessitant des traitements prolongés.
Financer la prévention
Une question clé à poser est : qui va financer la vaccination des bovins quand les coûts sont principalement liés à la santé humaine ? À l'étranger, des situations similaires se présentent, comme au Moyen-Orient avec le MERS, transmis par les chameaux. Ceva considère qu'il est essentiel d'aborder ces problématiques en fonction des risques pour la santé humaine.
Collaboration pour un avenir sain
Nous sommes actuellement en pourparlers avec les Baléares et les Canaries, des régions d'élevage très fréquentées, pour proposer un vaccin pour les animaux, garantissant ainsi un tourisme serein, financé par le ministère de la Santé. Cette approche collaborative pourrait transformer la façon dont nous envisageons la santé animale et humaine.
Conclusion
En somme, le One Health Summit représente une opportunité cruciale pour sensibiliser le public et les décideurs à l'importance de l'interconnexion entre la santé humaine, animale et environnementale. Ensemble, nous devons travailler pour un avenir où ces disciplines sont harmonisées au service de la santé globale.
Résumé rapide
Lors du One Health Summit à Lyon, Marc Prikazsky, PDG de Ceva Santé Animale, mettra en avant l'importance de l'approche 'One Health', qui relie la santé humaine, animale et environnementale. Il soulignera la nécessité d'agir contre les zoonoses et de développer des stratégies de médecine préventive, notamment dans les pays en développement. Les défis posés par des maladies comme la rage et la fièvre Q seront également abordés, ainsi que l'importance d'une collaboration internationale pour garantir la santé de tous.
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